A. Moctar SECK
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12-25-2004 03:20 PM ET (US)
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Le doute.
Fort de ses certitudes, il sen allait confiant, arpentant les chemins de lespérance, à laune de sa géométrie illuminée.
Nul doute ne lhabitait. Que pouvait-il lui arriver ?
Insouciant voyageur de lintemporel, il tirait des plans sur la comète, convaincu quà linstant désiré, il pourrait retourner le sablier de lexistence.
Nul doute ne lhabitait. Navait-il pas son destin en mains ?
Mais Chronos lImpitoyable, ricanait sournoisement dans sa barbe, en le regardant senliser lentement, dans les sables mouvants des désillusions.
Nul doute ne lhabitait cependant. Ses rêves se nourrissaient du terreau de lespoir.
Et le réveil brutal fut, comme le dernier coup de cymbale dune symphonie. Nu comme un ver il se retrouva, dans la désespérante solitude de lécorché vif.
Le doute lhabitait maintenant. Et le temps, comme du sable, lui filait entre les doigts.
Maxu.
Qui na jamais... ?
Qui na pas un jour, rêvé de lamour dans ses plus beaux atours, de cette lumière sans fin, révélant nos désirs les plus ténus, les plus fins ?
Qui na point dans sa jeunesse, pensé remodeler un monde de justice et de justesse, à la mesure des ambitions démesurées de sa petitesse ?
Qui na pas une nuit, hurlé de terreur au milieu de cauchemars inouïs, et que laube a soulagé, dans sa douce lumière tamisée ?
Qui na jamais jeté la première pierre, prédicateur dune morale austère, hypocrite bigot des temples de Dieu, qui assouvit ses instincts les plus odieux ?
Qui ? Mais qui ?
Maxu.
Un petit clic et s'en va.
Je ne me souviens plus du jour, je ne me souviens plus de l'instant quand la Toile pernicieuse m'englua dans ses entrelacs, éphémère hébété, à l'envol inachevé.
Et le marin d'eau douce que j'étais se mit à naviguer sur mers et océans, défiant ouragans tempêtes et vents, qu'ils fussent hurlants, rugissants ou sifflants.
Et lui, qui n'était pas si téméraire de nature osa surfer, chevauchant des vagues gigantesques tels d'infatigables destriers fantasmagoriques, si froids, si évanescents.
Il zappait la télé, il cliquait la souris. Sa vie n'était plus qu'une interminable saucisse de bouts d'événements par défaut, inconsistants et inopérants.
Enfin un beau jour la Bête le lâcha, sans doute dégoûtée par sa fadeur virtuelle. Et je refis surface, sans amis ni petite amie, la tête pleine de clics, aspirant à une bonne paire de claques.
Un petit clic et puis s'en va. Un cliquettement dans le vent. C'est si tentant, si innocent.
MAXU.
Sénégal
As-tu déjà vu Amon Rê
incendier notre ciel dhivernage,
dans un flanbloiement rouge orangé
nuancé de jaune œuf ?
Nas tu jamais admiré
le vol des graciles flamants roses,
lenvol des lourds pélicans patauds, cargos du ciel,
et les pirouettes des hirondelles ballerines
à la poursuite dinsectes multicolors ?
As-tu une fois de nos femmes respiré
lenivrant parfum du gongo,
en écoutant le doux chant des colliers de perles,
dansant au rythme de ce déhanchement si ensorcelant ?
Ne tes-tu jamais laissé emporter
par lenvoûtante flûte du berger peulh,
le ricanement du coquin tam-tam daisselle,
ou les lyriques envolées de la mélodieuse kora ?
As-tu au monde connu,
un peuple aussi hâbleur et gouailleur,
curieux et hospitalier,
si métissé, si laïque, et pourtant si uni ?
Porte océane,
porte du non-retour dans un récent passé tragique
encore present dans nos cœurs,
notre porte vous est ouverte a tous.
Aurais-tu envie de connaître mon beau pays ?
Maxu.
Saint-Louis-La-Mer *
Je voudrais aller retrouver mes pierres,
à Saint-Louis-la-mer.
Pierres des siècles passés,
aux arêtes émoussées,
que ne peuvent même plus caresser,
mes doigts désormais lassés.
Je voudrais de nouveau respirer mes embruns,
car il n'y en a pas d'emprunt,
quand la brise du soir rafraîchit
la langue de Barbarie.
Je voudrais revivre la nuit du Fanal,
aux allures de carnaval,
en rêvant à ces signares si belles,
agitant leurs mouchoirs en dentelle.
Je voudrais aller retrouver mes régates,
fête des pirogues coquettes,
et mes chevaux de mer qui sautent la barre,
pour aller chercher pitance loin des regards.
Je voudrais me laisser bercer,
entre les deux bras du fleuve écartelé,
tel un nourrisson ensommeillé
et repu, après sa tétée.
Je voudrais tant aller retrouver ma mère,
à Saint-Louis-les-vieilles-pierres,
aux confins du désert.
Maxu.
* Note De LEquipe: SAINT LOUIS est une des villes les plus populaires du Senegal.
Fils DAfrique. Fils de ma trame,
sur le grand métier de la création.
Fils tendus qui me liez à mes fils.
Fils de la mère Toile,
si ténus dans lisolement,
et si forts dans lentrelacs de vos mailles.
Fils de mes fils,
sang de mon sang,
mémoire de ma race.
Vous ne serez jamais orphelins !
Car vous êtes les fils de mon peuple.
De ce peuple aux origines profondes,
et qui a essaimé sur terres et mers.
Car au monde vous êtes les seuls
qui naissez dans un berceau,
celui de lhumanité tout entière.
Car vous êtes les fils de mon Afrique
sauvage, enivrante, maternelle ;
de mon Afrique éternelle.
Vous ne serez jamais orphelins !
Maxu.
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